EDF : comment résoudre la quadrature du cercle ?

EDF, l’un des derniers fleurons de l’industrie Française se trouve à la croisée des chemins et doit faire face à de nombreux périls : technologiques avec des réacteurs à l’arrêt - stratégiques avec la sécurisation de la distribution et du parc - possibilités de repousser la vie de certains réacteurs au delà de 40 ans - baisse de la production en 2022 - relèvement du quota du tarif ARENH ARENH Accès régulé à l’électricité nucléaire historique - projet HERCULE, exigé par Bruxelles, de scission du groupe EDF en trois entités distinctes - nouveau report du démarrage de l’EPR EPR Réacteur pressurisé Européen de Flamanville - pertes de compétences globales sur le nucléaire - application du PPE PPE Programations pluriannuelles de l’énergie par le gouvernement (baisse de 50% de nucléaire en 2050) ou bien relance de la construction de nouveaux EPR...

  1. EDF face à des problèmes techniques sur certains réacteurs ...
    • Cinq réacteurs sont arrêtés jusqu’à fin 2022 pour des problèmes de corrosion. EDF doit contrôler son parc de 56 réacteurs sur demande de l’ASN ASN autorité de sécurité nucléaire pour s’assurer de la sécurité de fonctionnement des réacteurs et des installations de traitement du combustible.
  2. EDF face à l’arbitrage entre la sécurité de l’approvisionnement et la sécurité de fonctionnement ...
    • La sécurité nucléaire en France est de très haut niveau et assurée par l’ASN qui assure que la sécurité de fonctionnement prime sur la sécurité d’approvisionnement en électricité des Français.
  3. EDF doit négocier avec l’Autorité de la Sécurité Nucléaire (ASN) pour que les centrales nucléaires puissent fonctionner au delà de 40 ans ...
    • Dans ce contexte de difficultés techniques, l’ASN doit décider avec EDF de la possibilité de prolonger le fonctionnement des centrales au delà de 40 ans.
      Faute d’accord se pose la question, dès maintenant, du renouvellement du parc nucléaire et des dizaines de milliards d’investissements à trouver. L’ASN parle d’un véritable « plan MARCHAL » sur le nucléaire Français.
  4. EDF va produire en 2022 entre 300TWh et 330 TWH soit une baisse historique depuis 30 ans. Risque de black-out ... ?
    • La production électrique en 2022 sera historiquement basse du fait de l’arrêt de dix réacteurs dont cinq réacteurs des plus puissants, mais aussi par le report à 2023 du démarrage de l’EPR EPR Réacteur pressurisé Européen de FLAMANVILLE sans oublier la fermeture prématurée de la centrale de FESSENHEIM décidée sous la pression des verts, par la présidence HOLLANDE, et actée en 2020. Si on ajoute les arrêts habituels pour entretien ou chargement de combustible, on sait qu’en 2022 la situation pourrait être critique.
  5. EDF est mis dans l’obligation par l’état de participer au "sauvetage du pouvoir d’achat des Français" pour 8 milliards à prendre dans ses résultats d’exploitation ...
    • Le prix de l’électricité devrait augmenter, selon les prévisions du marché, de 44% en 02/2022. Les pouvoirs publics ont annoncé bloquer la hausse à 4% en 2022 pour "sauver le pouvoir d’achat’ mais en exigeant d’EDF de participer à l’effort à hauteur de 8 milliards ce qui va peser un peu plus sur ses résultats d’exploitation alors que l’ Entreprise, déjà très endettée, devra financer l’entretien du parc et le démantèlement des sites anciens.
  6. EDF dans le piège de la libéralisation du marché de l’électricité avec le financement du tarif « ARENH ARENH Accès régulé à l’électricité nucléaire historique , » la taxonomie et l’ obligation pour EDF de racheter l’électricité éolienne.
    • La commission de BRUXELLES, au nom de la concurrence libre et non faussée a exigée que EDF vende 25% de sa production soit 100TWh a un prix très bas à ses concurrents (42€ le MWh), depuis 2011, à un tarif appelé ARENH.. En janvier 2022 les pouvoirs publics pour préserver la compétitivité des fournisseurs « alternatifs » concurrents d’EDF (Total, Engie, Eni, Mint...), ont relevé le quota de 100TWh à 120TWh au prix de 46,20€ le MWh. Pour ces 20TWh supplémentaires. Le problème, c’est que EDF ayant déjà vendu en 2021 sa production sur le marché de gros ne dispose plus de ces 20TWh supplémentaires et devra les racheter au prix fort sur le marché spot autour de 280€/MWh pour les revendre six fois moins cher !!
      Sans oublier que depuis 2001 avec le démarrage de l’énergie éolienne, EDF a l’obligation de racheter en priorité l’électricité éolienne produite entre 72€ et 82€ le MWh pendant 15 ou 20 ans selon les dates de signatures des contrats de rachat avec les promoteurs éoliens. Actuellement, selon CRE CRE Commission de Régulation de l’Energie , le prix de revient du MWh nucléaire historique serait de 48€ (EDF le chiffre à 53€). N’est-il pas interdit de vendre à perte ?
      Mais dans quelle économie de marché une entreprise doit vendre ses produits à prix bradés à ses concurrents pour leur permettre de la concurrencer ? Cherchez l’erreur ! On comprend mieux, dans ces conditions, que les résultats économiques d’EDF soient mauvais.
  7. EDF entre l’enclume et le marteau : la PPE PPE Programations pluriannuelles de l’énergie (programmations pluriannuelles de l’énergie) soutenue par Mme POMPILI qui prévoit toujours de réduire de 50% le nucléaire d’ici 2035 et M. MACRON qui en novembre 2021 annonce la relance du nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs EPR ...
    • Sous le diktat de la commission de BRUXELLES, au nom de la libéralisation du marché de l’électricité, appliqué par PARIS depuis 1999, les fournisseurs dits alternatifs profitent de la rente nucléaire sans en payer les coûts et sans obligation de respecter leurs engagements. De plus, EDF est sous la menace d’un démantèlement exigé par BRUXELLES pour les mêmes raisons de concurrence libre et non faussée en Europe. Ce plan appelé HERCULE est pour le moment reporté après les élections présidentielles mais pas abandonné.
      EDF entre l’enclume et le marteau doit obtenir la réponse à la question vitale suivante : quelle est réellement la politique énergétique de la France ? Sous la présidence MACRON en 2019, une loi a fixé les objectifs de la PPE qui prévoit de réduire la production électrique nucléaire de 50% d’ici 2035. Parallèlement, le Président MACRON a déclaré le 10 novembre 2021 que la France devait relancer son programme nucléaire et construire de nouveaux EPR. De son côté, Mme POMPILI Ministre de la transition écologique répète sur tous les médias que sa boussole c’est le respect de la PPE et qu’il faut accélérer les capacités en EnR EnR ENERGIES RENOUVELABLES (éolien et solaire).
      Que croire et qui croire ?
  8. Enfin quelle est la responsabilité du développement anarchique des EnR et en particulier de l’éolien depuis 2001 dans ce fiasco énergétique ...
    • Face à ce fiasco de la libre concurrence imposée par BRUXELLES empêchant aux états de conserver des leaders industriels comme EDF, le déploiement de l’énergie éolienne à marche forcée depuis 2002 s’est substituée à toute nouvelle construction de réacteurs nucléaires depuis 19ans.
      Les 8000 éoliennes en service actuellement produisent seulement 39,7TWh (7,9% du total) du fait de l’intermittence de l’éolien. Dans le même temps, le nucléaire a produit 336TWh (67%). Pour réduire de 50% le nucléaire en 2035, il faudrait plus que doubler le nombre d’éoliennes ce qui est totalement utopique. Les éoliennes utilisent des technologies du passé très consommatrices d’acier, de béton, de cuivre, de métaux et terres rares dont la rareté et l’impact CO2 ne permettra plus de les construire dans les prochaines années.
      Actuellement, les engagements des pouvoirs publics sur le développement de l’éolien dépassera les 120 milliards d’euros. Ce montant hallucinant aurait permis de construire, en totalité, un nouveau parc nucléaire comparable à celui actuellement en service.

Voir en ligne : ARTICLE DE LA TRIBUNE