Jean-Marc JANCOVICI, ingénieur spécialiste de l’énergie et du climat ne cesse depuis quinze ans d’alerter sur le dérèglement climatique, ses causes, ses conséquences et les solutions possibles. Selon lui, l’inaction depuis des décennies dans la lutte contre l’élévation du taux des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, l’inaction dans la baisse de la consommation des ressources non renouvelables (énergies fossiles et matières premières), nous ont conduit aujourd’hui à une situation d’extrême urgence climatique.
Rappelez-vous de l’intervention de Jacques CHIRAC au sommet de la terre à Brisbane le 2/09/2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La terre et l’humanité sont en danger et nous en sommes tous responsables »...
C’était il y a 18 ans !
Nous sommes en état d’urgence climatique, mais hélas « allo le 15 climat » n’existe pas, quel que soit le pays. Conférence mondiale sur le climat après conférence mondiale sur le climat (prochainement COP26 à Glasgow), aucun plan global de sauvetage du climat n’a été adopté à ce jour.
Du fait de l’inertie considérable de la dérive climatique, la bataille est déjà perdue pour les vingts prochaines années. Quoi que nous fassions aujourd’hui, les 1,5°C/2°C d’élévation de la température de la terre en 2040 sont acquis.
« Nous sommes rentrés dans une période de dérive climatique, dit Jean-Marc JANCOVICI, qui va durer des siècles voire des millénaires mais qu’il est encore possible de limiter en prenant des mesures drastiques dès à présent. »
Les responsables de la situation sont les gaz à effet de serre : CO2, méthane, vapeur d’eau, dioxyde d’azote, ozone.
Les principaux, le CO2 et le méthane sont anthropiques (générés par l’action de l’homme) et dus principalement à la production d’énergie électrique dans le monde (centrales à charbon, au lignite, et à gaz), mais aussi par les transports, la construction, le chauffage des bâtiments (pétrole) et la déforestation. Quant au méthane, il est produit par les ruminants (1,5 milliard de bovins dans le monde), les rizières et la décomposition de la biomasse en milieu humide.
L’urgence climatique est telle que les états n’ont plus le temps ni d’attendre, ni de tergiverser, ni de se tromper. Nous n’avons plus le temps de développer des énergies dites « renouvelables » comme l’éolien et le solaire qui ne contribuent en rien à la lutte contre le réchauffement climatique.
Au contraire, la fabrication, l’équipement, le transport et l’installation de ces matériels génèrent du CO2, mais c’est surtout leur production électrique intermittente qui nécessite de disposer, en « relève », de centrales thermiques à énergies fossiles, qui génèrent énormément de CO2.
En effet, l’électricité ne se stocke pas et les jours sans vent ou/et sans soleil, il faut quand même produire de l’électricité pour les usagers.
Nous n’avons plus le temps, non plus, pour chercher, trouver et développer des techniques nouvelles, économiquement soutenables, pour le stockage de l’électricité, technologies indispensables pour le développement de la production éolienne.
Nous sommes maintenant confrontés à une hiérarchie des risques. Croire ou faire croire que mettre des éoliennes partout suffira à nous éviter de changer quoi que ce soit à notre consommation actuelle d’énergie est un leurre.
Alors, quelles solutions pour limiter le réchauffement climatique ? Lisez cet article