Cet article écrit avant la guerre en Ukraine était prémonitoire de la catastrophe énergétique que nous allons vivre ces prochaines années du fait de l’aveuglement européen pour les énergies renouvelables éoliennes et solaires. En effet, plus vous développez la production électrique avec ces énergies intermittentes, plus il vous faut prévoir des puissances de production électrique équivalentes, en doublon, fonctionnant avec des combustibles fossiles et essentiellement avec du gaz Russe, notamment pour l’Allemagne qui a tout misé sur les EnR EnR ENERGIES RENOUVELABLES .
ENERGIE :
En 2007, pour favoriser la « concurrence libre et non faussée », la Commission Européenne ivre de bureaucratie, à créé un marché unique de l’électricité en Europe. Elle promettait de diminuer la facture électrique des entreprises et des particuliers.
Mais c’est le contraire qui s’est passé. Sans intervention du gouvernement Français limitant la hausse à 4% au 1/02/2022, elle aurait été de 44,5% !
Pour concrétiser ce qui est apparu comme une aberration économique, deux décisions ont été prises :
✓ Contraindre EDF à vendre à ses concurrents 100TWh par an, 25% de sa production - à prix bradé, (tarif ARENH
ARENH
Accès régulé à l’électricité nucléaire historique
), leur permettant ainsi de céder l’électricité moins cher à ses propres clients !
✓ Créer les quotas CO2 et la taxe carbone, suivant en cela le dogme de la décarbonation rapide de nos économies en faveur des énergies renouvelables (prôné par Mme Merkel depuis 2005). La conséquence en a été une véritable explosion des prix de l’énergie dans tous les pays européens.
L’impact pour la France
✓ En France, notre production électrique est autonome grâce au nucléaire et aux centrales hydrauliques. Elle nous fournit l’énergie la moins chère d’Europe, décarbonée à 93%.
✓ Pourtant, depuis 2007, la facture d’un ménage français a augmenté de 57 %, conséquence directe de cette ouverture des marchés. Mais en outre, nous subissons une belle flambée des taxes (TICFE TICFE Taxe Intérieure sur la consommation Finale d’Electricité ou CSPE CSPE Contribution au Service Public de l’Electricité , TCFE TCFE Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité , CTA CTA Contribution Tarifaire d’Acheminement ), dont certaines prélevées pour le financement des énergies renouvelables - éolien et solaire !
✓ Nous sommes donc soumis à cette composition complètement surréaliste et obsolète des prix européens de l’électricité, indexés de surcroît sur ceux du charbon et du gaz par le mécanisme des « coûts marginaux », mécanisme auquel s’ajoutent les quotas CO2 et la taxe carbone. D’ailleurs, si vous avez eu la curiosité de lire de manière détaillée votre facture d’électricité, vous avez pu constater que la facture de votre consommation réelle est moins du tiers de la facture totale : aberrant.
✓ Nous, français, avec notre mix énergétique, ne devrions absolument pas être concernés par ces augmentations, puisque nos centrales nucléaires et nos barrages - 80% de notre production nationale - n’utilisent ni gaz ni charbon.
✓ D’ailleurs, le ministre de l’Economie Bruno Lemaire, interviewé sur Public Sénat et BFM business déclarait lui-même : « Le marché unique Européen de l’électricité ne marche pas, il est aberrant et obsolète. Il faut revoir de fond en comble le fonctionnement du marché unique de l’électricité, les Français en paient la facture d’une manière incompréhensible pour eux et totalement inefficace du point de vue économique ».
Alors, Monsieur le Ministre, quand cela va-t-il changer ?
Le dogme des énergies renouvelables.
Enfin, cette explosion des prix de l’électricité a une autre raison, dont personne ne parle : le développement forcené des « énergies renouvelables » que sont l’éolien et le solaire.
Dès 2005, Madame Merkel, pour faire plaisir aux Verts Allemands, a créé le concept d’« écologie politique » et, de façon unilatérale, a imposé à l’Europe le dogme de la décarbonation et de la lutte contre les gaz à effet de serre.
En 2021, l’Allemagne possédait 29 730 éoliennes en service - 64 GW de puissance installée - et 59 GW de panneaux photovoltaïques installés. Et pourtant, malgré cette énorme puissance installée de 123 GW, la production électrique de ces renouvelables a baissé de 8% en 2021.
Cette politique a coûté plusieurs centaines de milliards d’euros, financés autour de 50% par les taxes sur les factures des consommateurs Allemands, et a généré l’électricité la plus chère d’Europe et la plus carbonée.
La France est bonne suiveuse : 9 000 éoliennes en service, 18 GW de puissance installée - et 13 MW de panneaux photovoltaïques : 120 milliards de dépenses engagées à la charge
✓ d’EDF qui a l’obligation d’acheter, durant 20 années, l’électricité éolienne entre 70 € et 82 € le MWh - près de 2 fois son prix de revient,
✓ des ménages français via la taxe CSPE sur leur facture et la taxe carbone sur les produits pétroliers.
Le développement massif des énergies renouvelables intermittentes en Allemagne et leur part importante dans la production électrique du pays (41%) déstabilise le marché unique européen de l’électricité. En périodes de vents forts et/ou d’ensoleillement la production est surabondante : les prix s’effondrent sur le marché – en périodes sans vent et/ou sans soleil comme c’est le cas cet hiver : les prix en bourse explosent.
L’Allemagne qui va sortir du nucléaire en 2022, continue sa fuite en avant avec les énergies renouvelables alors que leur production a baissé de 5% en 2021 et que la lignite/charbon est redevenue la première source de production électrique avec pour corollaire une hausse de 6% en 2021 des gaz à effet de serre : cette stratégie est dans une impasse.
En effet, outre de nombreux épisodes de faible production éolienne et photovoltaïque au cours de l’année, une forte variabilité inter-saisonnière et interannuelle des renouvelables intermittentes est de nouveau mise en évidence.
L’électricité n’est pas un bien comme un autre, c’est un produit de première nécessité pour un pays, il doit être abondant et bon marché non soumis à la concurrence ni a la volatilité des prix de marché en bourse.
En conclusion, comme le dit notre ministre Bruno Lemaire, la France doit sortir du marché unique de l’électricité, sortir de l’activité « fournitures » des prestataires dits « alternatifs » concurrents d’EDF, avec sa propre production électrique, au titre du dogme de la libre concurrence.
Association la Sauvegarde de l’Environnement Nature et Paysage
(A.S.E.N.P.) 71140 SAINT-AUBIN-SUR-LOIRE